Julien Lagueste : le mobilier artistique et utile.

Le mobilier artistique et utile.

Julien Lagueste est un jeune designer prometteur. Basé à Nantes, il dessine et réalise des tables qui nous rappellent la nature. Plus qu’une simple évocation, ses créations nous emmènent en voyage, un voyage en bord de mer qui apaise et détend. Chacune de ses pièces est pensée comme un nouvel objet d’art: toutes uniques, elles découlent d’une réflexion personnelle quant à la place de l’objet dans nos intérieurs. À la fois artistiques et fonctionnelles, ces tables s’intègrent aussi bien dans un cadre balnéaire que dans un espace ultra-design.

Date: 10 Février 2020
Ville: Nantes
Artisan: Julien Lagueste
Avant de devenir artiste designer, vous avez étudié l’architecture d’intérieur. Pourquoi avoir dévié de projet ?

Julien

Cela s’est fait de manière assez naturelle. Pour mon mémoire de fin d’étude, j’ai décidé de travailler sur un projet de design pour lequel j’ai dessiné des tables. J’ai voulu concrétiser mon idée de manière plus aboutie en donnant vie à mes dessins. Je les ai donc fabriquées de toute pièce, à la main.

J’ai eu le sentiment de tenir une idée intéressante qui me permettait de satisfaire mon envie d’un travail manuel tout en conservant le travail de réflexion inhérent à l’architecture d’intérieur. J’ai très vite décidé de m’y consacrer entièrement.

Vos études d’architecture vous ont-elles aidé dans le développement de votre projet actuel ?

Julien

Oui, bien sûr, par exemple, l’histoire de l’Art et du design m’ont aidé à intellectualiser, à conceptualiser mon idée.

Après, à l’école, on apprend plein de choses mais qui finalement, restent assez abstraites. J’ai donc dû en passer par un apprentissage et une mise en pratique par moi-même. Ce que je souhaitais vraiment, c’était d’être capable de tout faire par moi-même afin d’y laisser mon empreinte, ma signature.

Comment vous-êtes vous formé aux métiers du bois et de la résine ?

Julien

Principalement en autodidacte. J’ai fait un stage de fin d’étude dans une entreprise de création d’objets uniques travaillant toutes sortes de matériaux. J’y ai appris à réaliser la découpe du bois, à le poncer, le clouer et le coller. Ce sont des procédés assez simples mais importants à connaître.

En ce qui concerne la résine, j’ai passé beaucoup de temps à me renseigner sur ce matériau complexe auprès de fabricants et d’utilisateurs. J’ai testé plusieurs sortes de résines, et après 2 ans d’expérimentation, je suis arrivé à un résultat qui me convenait.

Il est beaucoup question de sérendipité : j’ai eu plusieurs accidents en coulant la résine et en mélangeant les pigments. Mais en observant le résultat calmement, je me suis dit que c’était intéressant. J’ai utilisé ces aspects de la résine considérés comme défectueux et j’en ai fait ma propre technique, à contre-courant de ce qui se fait habituellement.

Aujourd’hui, il y a énormément de marques de design. Comment avez-vous réussi à « émerger » ?

Julien

Pendant ma phase de création, je ne me suis jamais demandé comment, où et à qui j’allais vendre. Je cherchais simplement à prendre plaisir à faire de belles choses en m’inspirant de mon histoire. Et je crois qu’en étant sincère, on arrive toujours à toucher les gens d’une manière ou d’une autre.

J’ai ensuite réussi à avoir une belle visibilité grâce aux salons spécialisés. Mon objectif était d’être présent à Maison&Objet, un salon qui intéresse principalement les professionnels de la décoration. C’est ce que j’ai fait et les ventes ont été immédiates. J’ai aussi participé au salon Révélations au Grand Palais, ce qui m’a ouvert d’autres opportunités, telles qu’une exposition à Private Choice ou encore une collaboration avec The Invisible Collection. De manière générale, les salons sont un très bon moyen de rencontrer ma clientèle, particulièrement à l’international.

Pour un jeune créateur comme moi, ils permettent également une certaine validation du milieu professionnel.

« C’est cette définition multiple qui m’intéressait vraiment, je souhaitais intégrer dans un intérieur une pièce à la fois artistique et fonctionnelle. »

Pouvez-vous nous parler un peu de votre collection ?

Julien

La collection s’appelle “Souvenir des îles”. Je m’inspire principalement de la nature, et pour ces pièces en particulier, j’ai voulu évoquer les rochers et l’océan. J’essaie de produire des formes les plus épurées possibles, sans système de vis ou de fixation par exemple, afin d’en faire des objets sculpturaux.

Techniquement, comment cela est-il possible ?

Julien

Je dessine à la main des anneaux qui sont ensuite découpés grâce à une machine numérique dans un panneau de bois. Les anneaux sont très fins pour optimiser la matière, minimiser les pertes de bois et obtenir un résultat léger. Ils sont ensuite collés et cloués entre eux.

Vos pièces invitent au calme et à la contemplation. Était-ce votre intention ?

Julien

Oui, ce sont des remarques qui reviennent souvent. C’est vrai qu’il y a un côté zen dans mes créations, qui vient sûrement de leur forme épurée et de leur surface qui s’apparente à de l’eau, mais c’est aussi ce qui m’inspire et qui, du coup, ressort.

Ma réelle volonté était d’en faire un objet hybride : on peut y voir une sculpture de part sa forme, qui varie d’une pièce à l’autre. On peut également y voir un tableau : je traite chaque plateau en résine comme une nouvelle toile, chaque plateau est donc unique. Enfin, c’est une table, objet de design fonctionnel et utile. C’est cette définition multiple qui m’intéressait vraiment, je souhaitais intégrer dans un intérieur une pièce à la fois artistique et fonctionnelle.

Vos futurs projets ?

Julien

Je vais faire évoluer ma collection avec la création de bureaux, consoles, tables hautes… J’ai aussi l’idée d’utiliser d’autres formes rappelant la nature, les fleurs par exemple, pas simplement par souci esthétique mais toujours pour donner du sens à mes créations.

Actuellement, mes pièces ont rencontré un beau succès et se trouvent dans différentes maisons de particuliers dans une dizaines de pays. Mais il y a un vrai potentiel à réaliser une collection sur-mesure, pour un restaurant par exemple, afin de pouvoir m’adapter à un projet et à la demande d’un client.

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· Crédits · Texte : Aurélia Monge – Photographies : Julien Lagueste.
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